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Souveraineté numérique : un enjeu qui se joue autant dans les compétences que dans les infrastructures
Evènements Innovation

Souveraineté numérique : un enjeu qui se joue autant dans les compétences que dans les infrastructures

42 Lausanne— Blog· 22 août 2026

Nous étions à VivaTech pour l’édition 2026 et Christophe Wagnière, CEO de 42 Switzerland, à travers des échanges avec des participant·es nous montre comment la souveraineté est le sujet de cette édition.



Nous étions à VivaTech pour l’édition 2026 et Christophe Wagnière, CEO de 42 Switzerland, à travers des échanges avec des particiant.e.s nous montre comment la souveraineté est le sujet de cette édition  : « la question de la souveraineté est vraiment au cœur de toutes les discussions[...] dans tous les pays représentés ici, c'est vraiment la défense de l'écosystème local. Il y a deux pays qui n'y sont pas, c'est les US et la Chine [...] ce qui montre quand même leur puissance dominante sur l'écosystème digital du monde. » Les deux géants technologiques mondiaux étaient partout mais uniquement à travers leurs entreprises, jamais en tant que pays. Un signal fort sur l'état des rapports de force numériques actuels.


La souveraineté numérique est-elle un simple effet de mode dans les sphères du marketing  , ou un mouvement de fond avec des enjeux géopolitiques assumés?

Les avis des acteurs présents à VivaTech divergent, et c'est précisément ce qui rend le sujet intéressant. Ivan Mariblanca Flinch, CEO de Mikujy, pose la question sans trancher : « La souveraineté, aujourd'hui, on en parle parce qu'on a un enjeu géopolitique très important. Je me demande si cette notion de souveraineté continuera à être un buzzword qui impose d'investir autant d’argent [...] ou si nos partenaires américains commencent à se calmer. »

Fabien Kunzler, directeur Suisse de Sharekey, propose une définition plus opérationnelle : « Je pense les deux [...] souveraineté c'est un peu comme marketing, c'est très très large. Mais [...] il y a maintenant une vraie dénomination de souveraineté [...] pour moi la définition c'est vraiment : on contrôle et ça nous appartient. »

  1. Ce que ça change concrètement pour les entreprises.
    Au-delà du débat conceptuel, la souveraineté numérique devient un critère opérationnel bien réel dans les choix technologiques des entreprises. Olga Guerous, CEO d'Innopearl, le formule clairement : « Une entreprise a besoin de savoir où sont logées ses données, comment on y accède, qui peut y accéder [...] on a aussi besoin de connaitre les modèles, de quelle façon ils ont été entraînés. »

    Frédéric Soulier, co-fondateur de Quantalogic, va jusqu'à décrire une approche par niveau : « On a mis en place un système de niveau de souveraineté [...] typiquement le système de paie et en RH va être circonscrit au niveau le plus élevé de la souveraineté. » Une granularité qui illustre bien que la souveraineté  est un paramètre concret de gouvernance des données. Fabien Kunzler résume la philosophie qui sous-tend cette approche : « Les clés restent sur votre appareil [...] comparé à toutes les big tech où souvent la clé est copropriétaire, le cloud se fait hacker. »

  2. Nuance : parler d'autonomie plutôt que de souveraineté totale.
    Toutes les voix ne s'accordent pas sur le terme lui-même. Lennig Pedron, CEO de Trust Valley Initiative, préfère une approche plus mesurée : « Cette partie de souveraineté, en tout cas dans la Trust Valley, est beaucoup plus liée à l'autonomie stratégique. On va travailler sur les interdépendances [...] comment finalement on va réellement travailler avec les autres. » Pour elle, l'ambition d'une souveraineté totale relève en partie du fantasme : « Aujourd'hui c'est quasi impossible d'arriver à une souveraineté totale [...] il y a parfois un côté assez, marketing derrière ce côté souveraineté. »


  3. Le vrai manque : les investissements et les compétences.
    Reste une question de fond, posée par Pascal Marmier, responsable du campus Unlimitrust : la souveraineté numérique suisse est-elle un vrai changement stratégique, ou seulement un discours ? Sa réponse est sans détour, « Je pense qu'il y a un vrai changement stratégique [...] ce qui nous manque, c'est quand même les investissements de base [...] avoir toute la chaîne de valeur qui soit représentée. »

    Infrastructures, oui mais surtout des compétences

    La souveraineté numérique ne se joue pas seulement dans les infrastructures : elle se joue aussi dans les compétences. Des serveurs souverains, des clouds éthiques, des systèmes de gouvernance des données impliquent d’avoir des  personnes capables de les concevoir, de les sécuriser et de les faire évoluer. C'est l'axe sur lequel 42 Switzerland se positionne : former les talents qui donneront un sens concret à cette autonomie stratégique, plutôt que de la laisser au seul niveau du discours.


    Cet article accompagne la 2ème vidéo d'une série de 5 consacrées à la présence de 42 Lausanne à VivaTech 2026. La prochaine vidéo explorera les parcours atypiques des étudiants 42 et la manière dont l'IA transforme la pédagogie de l'école.

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Vidéo réalisée grâce au soutien d'Infomaniak, le cloud éthique et souverain.